Développement personnel,  Famille recomposée,  Parentalité bienveillante

Cultiver sa vulnérabilité

Il n’y a véritablement que deux intentions premières à nos actions, en particulier lorsque nous échangeons avec les autres : nous agissons par peur ou par amour. Tous les autres sentiments dont nous pouvons faire l’experience (et il y en a beaucoup : colère, jalousie, doute, entre-aide, amitié…) ont pour origine soit la peur, soit l’amour.

Le pouvoir de notre intention

Si l’intention derrière son action et ses mots est la peur et bien le mouvement qui suivra sera forcément en réaction à… Il y aura  souvent des lieux communs, des caricatures, des raccourcis de pris. D’ailleurs si on prend soin de s’écouter « en vérité », nous pouvons tous entendre cette petite voix intérieure qui nous dit que nous sommes dans un processus de préservation, effrayés à l’idée de perdre ou de ne pas réussir. Mais ne voulant pas nous remettre en question, parce que c’est un mouvement difficile, nous choisissons  la solution de facilité, celle de continuer d’agir dans la peur.

À l’inverse si l’intention derrière nos paroles et nos actes est l’amour, et bien une véritable écoute s’installera. L’amour donne naissance à une capacité d’introspection plus grande et permet de vivre dans un processus de création, de dépassement de soi. Cela revient à parler de sincérité ! Ce ne sont pas nos paroles, ni même nos actes, ce sont nos intentions qui ont le plus d’impacts dans notre éveil personnel et dans nos relations avec les autres. Nous avons appliqué cette connaissance pour nous aider dans notre rôle de parent car les enfants sont très intuitifs et ressentent les non-dits. Même s’ils n’ont pas toujours les mots pour l’exprimer (et ne savent pas eux-mêmes pourquoi ils réagissent de telle manière) ils peuvent lire nos intentions véritables.

Une première méthode à suivre consiste simplement à pratiquer l’intention d’amour dans toutes les décisions, réactions ou conversations que nous pouvons avoir avec nos enfants et d’autres adultes devant eux. Par mimétisme et intuition les enfants agiront de même.

L’intention positive est essentielle mais elle ne pourra fonctionner qu’avec l’aide d’un autre élément : la vulnérabilité. Dans beaucoup de conversations nous nous retrouvons à faire ce que j’appelle « le jeu du miroir » qui consiste à ne pas se dévoiler et à renvoyer à l’autre, avec des mots ou des gestes, des aspects de notre personnalité et de notre vie que nous n’arrivons pas à regarder véritablement à l’intérieur de nous-même. C’est pour cela que les enfants sont plus réceptifs aux paroles et à l’intention d’amour car ils sont de véritables éponges d’émotions, encore en devenir. Un adulte aura déjà sa carapace et son histoire personnelle à laquelle il va s’accrocher. Un exemple flagrant, lorsque j’ai mentionné à une connaissance mon récent divorce, est la réaction suivante : « Et bien dis donc l’adolescence ne va pas être facile avec tes deux loulous, tu vas en baver. » Parlait-elle de moi ? Non bien sûr, ce sont ses peurs et sa réalité actuelle avec son fils adolescent qu’elle projetait sur mon récit.

La vulnérabilité n’est pas une preuve de faiblesse, au contraire, c’est la meilleure mesure du courage

Alors comment instaurer un dialogue authentique avec soi-même et avec les autres ? Nous devons oublier ce que la société moderne et nos propres peurs nous dictent : protégez-vous des autres et de vos émotions négatives, faites un rempart, ne montrer rien. A l’inverse il nous faut pratiquer la vulnérabilité. C’est cette vulnérabilité qui fait de nous des êtres d’amour et nous permet d’instaurer de véritables liens et un dialogue authentique. Car se sentir vulnérable c’est se sentir vivant, c’est oublier qui nous pensons « devoir être » pour simplement « être » avec nos faiblesses qui font partie intégrante de notre personne. Lorsque nous parlons de nos difficultés nous nous ouvrons aux autres de manière authentique et nos échanges en deviennent encore plus riches de sens. Cela demande du courage car notre société déteste les échecs – c’est pourtant de nos erreurs aussi que nous apprenons à rebondir – et la peur du jugement nous empêche souvent de partager les moments les plus douloureux de notre existence.

La découverte du concept de la vulnérabilité fût un grand tournant dans ma vie personnelle. C’est également, pour l’anecdote, une des premières conversations introspectives que mon époux David et moi avons eu ensemble. Cette révélation je la dois à Brenée Brown et son TED talk qui a été vu par des millions de personne. Le voici avec des sous-titres en français. Je vous invite également pour aller plus loin à vous procurer son livre « Le pouvoir de la vulnérabilité ».

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2 commentaires

  • Annick

    Bonjour, je dois avouer que je n’avait rien compris à votre article jusqu’à ce que je visionne la vidéo. Elle est très bien expliquer et je me projette totalement.
    Savoir accepter publiquement ses vulnérabilités est difficile car cela peut paraître dévalorisant aux yeux des personnes qu’on côtoie.
    C’est justement ce qu’on veut éviter. Tout le monde veut se montrer fort!
    Merci de m’avoir fait prendre conscience de tout cela.

    • Laure Arbert

      Bonjour Annick et merci beaucoup pour votre commentaire.
      La vulnérabilité est un concept qui, une fois qu’on en a pris conscience, paraît tellement évident mais de prime abord interpelle et étonne.
      En vous souhaitant de belles découvertes sur notre blog.

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