Famille recomposée,  Parentalité bienveillante,  Relation amoureuse

Les 6 piliers d’une unité familiale sereine

S’embarquer dans l’aventure d’une « nouvelle vie » représente une chance inouïe… Construire son unité familiale de manière consciente est une des plus belles choses qu’il ne nous a jamais été donné de faire. Pourquoi ? Car cela donne l’opportunité de pouvoir (re)définir les règles du jeu parental, de faire vivre des valeurs communes, de vivre plus proche de sa vérité intérieure, de placer son couple en premier, et d’apprendre tous les jours. Nous vous donnons ici des pistes de réflexion issues de notre propre expérience et qui nous ont beaucoup aidées à poser de solides fondations.

Pourquoi cet article ? J’ai été très touchée il y a quelques jours par le témoignage d’une femme dans un groupe Facebook qui partageait ses difficultés relationnelles avec la fille de son nouveau conjoint qui vivait avec eux et ses autres enfants une semaine sur deux. Tout récemment une amie m’a évoquée les obstacles que rencontrait son nouveau compagnon pour exercer son autorité sur le fils qu’elle a eu d’une union précédente. Voici donc nos conseils pour ne pas que ce sujet épineux du relationnel parent-enfant ne vienne saboter une relation amoureuse et/ou déséquilibrer une famille en devenir.

1. Protéger son bonheur à tout prix

Il n’y a qu’une question à se poser : sommes-nous heureux ensemble tous les deux ? Si la réponse est oui je vous invite à lire cet article sur l’importance de faire passer son couple avant ses enfants. Cette envie de bonheur vous donnera l’énergie et la vision nécessaires pour construire ensemble votre famille. Ça ne sera pas facile tous les jours ! Mais vous ne perdrez pas le nord !

Est-ce que les personnes de votre entourage veulent vous voir réussir votre recomposition familiale ? Entourez-vous de personnes bienveillantes, maintenant encore plus qu’avant c’est essentiel ! Et surtout partagez votre bonheur, celui que vous ressentez et que vous vivez au sein de votre famille car les enfants seront les premiers à être heureux de voir leur(s) parent(s) véritablement épanoui(s).

Votre relation amoureuse est le terreau sur lequel vos relations familiales poussent et vont s’épanouir.

2. L’égalité dans le couple et dans le rapport à l’enfant

Être parachuté comme parent d’un enfant que l’on ne connait pas cela peut vite devenir une galère. La relation doit être claire dès le départ. Je ne parle pas uniquement de la relation entre l’enfant et l’adulte mais aussi et surtout de la relation entre les conjoints. La solidité du couple est quelque chose que les enfants ressentent. Est-ce que leurs deux parents dans cette unité familiale sont bel et bien là pour durer ? Y aurait-il un retour possible à une situation antérieure (papa/maman ensemble à nouveau) ? Est-ce que le « nouveau » conjoint a également au sein de la famille les mêmes droits (et devoirs) que le parent biologique ? Il est absolument capital que nous donnions à notre conjoint la liberté nécessaire d’être lui-même/elle-même avec tous les enfants élevés par le couple, biologique ou non.

La différence est la source principale des difficultés rencontrées par les nouvelles familles et elle commence avec l’emploi de pronoms possessifs… Les rares fois où j’ai utilisé l’expression « ton enfant » furent sous le coup de la colère : cela en dit long !

Il est important de se poser dans son couple des questions déterminantes pour le bon fonctionnement de la famille :

– Est-ce que le parent biologique exprime bien toute sa confiance envers son conjoint/sa conjointe en le/la laissant gérer la situation de la manière dont il ou elle l’entend ?

– Est-ce que le beau-parent souhaite véritablement s’investir dans l’éducation et le bien-être de l’enfant de son conjoint sachant que cela passera parfois par de la confrontation ?

– Est-ce que tout désaccord quant à la façon de procéder est réglé en privé et jamais devant l’enfant ?

Ces questions permettent de déterminer s’il y a bien un front commun des parents dans l’exercice de l’autorité parentale au sein de la famille. Cette égalité dans la manière de procéder vis-à-vis des enfants vient renforcer ce sentiment d’appartenance familiale. Et surtout chaque partenaire est libre d’être lui-même/elle-même avec l’enfant de l’autre : une condition indispensable pour l’épanouissement du couple.

3. Comprendre le poids du présent et apporter des solutions

Lorsque l’on aime quelqu’un qui a déjà un ou plusieurs enfants ce n’est pas seulement lui/elle mais aussi ses enfants que nous accueillons. Il faut donc s’interroger sur son intention de devenir un véritable parent pour le meilleur et pour le pire. Car les circonstances de vie – présentes, passées et futures – vont venir perturber cette intention qu’on le veuille ou non.

Lorsque l’enfant passe la moitié de son temps avec son autre parent biologique dans un système de garde alterné par exemple, il se construit avec deux points de référence distincts. Cela peut aller des règles de vie à la maison (tâches ménagères, temps d’écran, nourriture aux repas etc.) à la façon même de concevoir la vie et les relations humaines… Les valeurs familiales peuvent parfois être diamétralement opposées ! Cette alternance peut donc être très perturbante pour l’enfant car elle crée un déséquilibre dans sa construction mentale. (Attention ce déséquilibre peut tout aussi bien exister au sein d’une famille dite traditionnelle ! Notamment lorsqu’un parent s’évertue à faire vivre certaines valeurs de respect qui lui sont chères mais qui ne sont pas appliquées par l’autre parent : les enfants nagent dans ce vide et peuvent jouer de ces différences.)

L’enfant résiste très rarement à la tentation de se révolter contre ce qui lui parait être à son désavantage : « chez papa j’ai le droit de… mais toi tu refuses toujours ! » Il est normal qu’en premier lieu, l’enfant à qui on promet des cadeaux et du « fun », veuille aller vers ce parent, plutôt que celui qui s’occupe du quotidien et qui semble toujours vouloir lui faire la morale… La meilleure solution à cette attitude « rebelle » de l’enfant qui compare est tout simplement de continuer à construire et faire vivre ses propres valeurs au quotidien. En grandissant, l’enfant aura plus de recul pour comprendre le pourquoi du comment et les effets positifs de certaines règles de famille qui lui étaient imposées. Une autre solution consiste tout simplement à couper court à tout jeu de comparaison : « ici c’est comme ça. » Il n’en demeure pas moins que le dialogue est essentiel, car la parole doit être libre entre tous les membres de la famille mais pas lorsque l’enfant agit d’une manière qui rejette en bloc les valeurs des parents qui s’occupent de lui. Augmenter le temps d’écoute et de partage d’expériences communes est une autre façon de renforcer l’unité familiale.

Enfin, il est important, notamment après un weekend passé chez l’autre parent biologique, de laisser le temps à l’enfant qui débarque de se réadapter au mode de vie de son autre famille. Il va devoir réajuster en partie sa façon d’être, ce qui est une preuve d’intelligence, de résilience et d’amour mais il lui faudra parfois plusieurs heures ou une bonne nuit de sommeil pour le faire.

Très souvent pour comprendre pourquoi le présent pose autant problème il faut s’interroger sur le fardeau du passé.

4. Comprendre le poids du passé et en guérir…

On a choisi une personne par amour et voilà que l’on se retrouve avec les histoires d’un passé douloureux qui n’est pas le nôtre… Cet héritage peut être très lourd : violence, endettement, abus, personnalité toxique, secret de famille etc. Ce passé peut même parfois être si difficile qu’on aurait presque envie de jeter l’éponge ! Pas par manque d’amour, mais parce que les obstacles semblent insurmontables. Comme toujours, à deux on est plus fort. Lorsque j’ai emménagé avec David, nous avons découvert les véritables personnalités de nos enfants respectifs. Il a fallu agir immédiatement pour changer le comportement très difficile d’un des enfants et pour cela nous avons dû remonter aux sources de ses agissements c’est-à-dire aux traumatismes de sa petite enfance. Dans un couple il est très important de faire l’exercice de comprendre l’attitude des enfants de son conjoint, et de les aider ! Dans notre cas la libération de la parole (en particulier lorsque nous avons mis fin aux non-dits qui avaient affectés ses enfants) a permis l’empathie nécessaire pour comprendre et résoudre la situation. Cette connaissance a surtout entrainé chez l’enfant en question un changement de comportement immédiat : une véritable transformation positive. Cette ouverture fait que maintenant les relations familiales sont sereines et confiantes, et nous avons les armes de la compréhension du passé pour nous aider.

Quelques soient les histoires – les casseroles ! – que vous ou votre conjoint trainez, elles peuvent être résolues !

5. Ne pas culpabiliser

Créer des rapports fluides est la base de tout – comme pour toute famille ordinaire – car après tout pourquoi en serait-il autrement ?

Non, tous vos problèmes ne sont pas dus au simple fait d’être une famille recomposée ! C’est particulièrement le cas si vous avez un adolescent ou un enfant en bas âge à la maison car ce sont des périodes chargées d’émotions. Alors stop à la culpabilité et/ou l’apitoiement ! Il y a des enfants et des adultes qui ne s’entendent pas dans des familles traditionnelles et à l’inverse des familles recomposées où le bonheur est communicatif. Tout simplement faites avec vos circonstances de vie présentes sans vous laisser influencer par les remarques négatives, les « c’est forcément parce que… » qui peuvent être très pernicieux.

6. Laisser le temps au temps…

Ne soyez pas trop pressés, établissez de solides fondations et avancez avec amour et bienveillance envers tous les membres de la famille (et vous-même !)

Une famille se construit dans la durée, purement et simplement.

En résumé : commencez par déterminer avec votre conjoint(e) vos valeurs familiales communes, faites-les appliquer ensemble de façon égalitaire et en toute confiance. Exprimez de l’empathie dans les difficultés présentes et/ou passées de l’enfant (cela ne veut pas dire aveuglement et laxisme non plus !) et dans celles de votre conjoint. Enfin pensez à votre couple d’abord et ne vous dites pas que c’est parce que vous vous êtes séparé (ou telle ou telle autre raison qui vous pousserait à culpabiliser) que les choses sont parfois difficiles. Vous êtes en train de créer à deux une magnifique famille qui vous ressemble !

Et n’oubliez pas… Le temps de qualité passé ensemble restera votre meilleur allié pour vivre une unité familiale solide et sereine.

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Abonnez-vous pour ne jamais rater un nouvel article !